Mindset · 02

Motivation.

On attend le retour de l'étincelle, cette énergie des premiers jours censée nous porter jusqu'au bout, et on lui en veut de ne pas rester. C'est mal comprendre ce qu'elle est venue faire, car la motivation n'a jamais eu pour rôle de durer : elle allume, elle ne porte pas.

Une allumette qui brûlerait jusqu'au bout finirait par brûler la main. Son travail est bref, et c'est précisément là qu'il est décisif : donner le feu, puis se retirer. Le « GO » n'accompagne pas la course, il la déclenche ; attendre de la motivation qu'elle nous tienne sur toute la distance revient à demander à l'étincelle de faire le travail de la flamme.

Car une fois le feu pris, il change de mains. Ce qui l'entretient n'est plus l'élan bruyant du premier jour, mais des ressources plus discrètes, celles qui n'ont pas besoin d'être ressenties pour agir ; la motivation leur confie le feu, et ce qu'elle transmet là portera un autre nom, dans une autre histoire.

Reste alors le seul obstacle qui compte, celui que l'on déguise si volontiers en manque de motivation : non pas la tâche, presque toujours plus simple qu'on ne le redoutait, mais le départ lui-même, ce basculement entre ne pas faire et faire. On attend de se sentir prêt pour s'élancer, alors que le sentiment d'être prêt vient rarement avant le geste ; on s'élance, et le goût de continuer s'installe en chemin. Le plus souvent, le mouvement précède les certitudes.

Et lorsque le feu retombe, il ne se ranime pas de lui-même ; l'attendre reviendrait à retomber dans le piège du début, guetter une flamme au lieu de la faire. On la rallume comme on l'avait allumée, du même geste, un pas de plus. Là est le soulagement : puisque l'étincelle tient au mouvement et non à l'humeur, elle demeure à portée.

On n'attend pas l'étincelle.
On la provoque.

FondaMentalement.